NOUS QUI NOUS APPARAISSONS

Gérard Haller

Éditeur :L'Atelier contemporain


Livre

Langue d'origine :Français

Format :14,0 x 22,0 cm

Nombre de pages :64

Date de parution :17/05/2024

ISBN :978-2-85035-155-6

Prix :15,00 €

Argumentaire :

Nous qui nous apparaissons trace une voie dans l’inconnu, dans la nuit des sombres temps. Pour affronter cette nuit, Gérard Haller invoque la compagnie des poètes qui lui sont chers, comme Nelly Sachs et Paul Celan, dont une formule aussi obscure que limpide est placée en exergue : « vers nous et devant nous et vers nous ». C’est ce battement qui scande Nous qui nous apparaissons, comme il scande tout cheminement dans l’inconnu.

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Dans Nous qui nous apparaissons, livre d’une brièveté météorique, Gérard Haller travaille ensemble les questions poétiques et politiques de la communauté, de la disparition, de l’apparition. Il les sonde, les déploie, les rend à leur étrangeté, dans le sillage de la pensée de Jean-Luc Nancy, dont il fit la rencontre à Strasbourg, et dont il fait sienne la devise : « ne pas être seul cela seul / est divin dit l’ami j.-l. ». Ne pas être seul, cela signifie consentir à se laisser traverser par les présences autres, par les langues autres. Cela, à l’image du poème lui-même, qui est ponctué d’expressions en allemand, langue étrangère aussi bien que familière puisqu’elle est la langue maternelle de Gérard Haller, comme il est ponctué d’expressions empruntées à d’autres, aux philosophes et aux poètes lus avec passion.

Les trois poèmes que rassemble Nous qui nous apparaissons font écho à trois événements : le covid pour le premier, qui donne son titre au recueil ; le meurtre de George Floyd, tué par un policier le 25 mai 2020 à Minneapolis, pour « Luft/menschen » ; le naufrage d’un bateau de migrants en Méditerranée le 14 juin 2023, qui a fait plusieurs centaines de morts, pour « Inselhin ». Trois temps, trois « scènes » où ce qui se donne à voir et à entendre, autrement chaque fois, est le même désastre du monde et le même appel à un autre. Une autre tenue – une autre façon de nous tenir ensemble debout. Un tout autre nous qui reste à venir.

Nous qui nous apparaissons exprime une espérance, une prise de conscience d’une appartenance à la communauté infinie des existences, mais aussi une inquiétude, devant le désastre politique et climatique qui en menace fondamentalement la possibilité d’être. Gérard Haller nous engage à regarder en face « le spectacle / chaque jour plus immonde / du monde ainsi qui se vide », des espèces animales et végétales « dis- / parues par miliers déjà gaz- / elle du yemen et dodo de l’île / maurice moa géant et forêt / d’amazonie ». Une question essentielle se pose alors : comment refaire monde, un monde qui ne serait pas vide, qui laisserait être « l’inappropriable étoilement continu » ? Il faut, pour cela, des larmes et des mots : « quelles larmes quels mots restent / pour aller d’un à l’autre / encore et à quoi bon sinon ».

Finalement, c’est cela qui oriente le cheminement de l’écrivain dans l’inconnu, cette fragile possibilité de refaire monde. Il faut chercher à écrire une partition du « partage des souffles », une partition des voix mêlées : une « partition envers et contre / tout qui continue d’arriver ». Pour écrire cette partition, la poésie est d’un certain secours, s’il est vrai qu’elle est cette faculté retrouvée de s’ouvrir à tout ce qui est autre, étranger, inappropriable, dans le langage et dans le monde.

Biographie ou Bibliographie de l'auteur :

Gérard Haller est né en 1952 à Bitche, en Moselle.
Études de philosophie à Strasbourg, où il fonde en 1980 la compagnie « Théâtre en hiver » et écrit d’abord pour le théâtre, notamment Lupe Velez (Strasbourg, Musica 1983), Gmund (Paris 1986) et Figuren (Avignon 1987, Strasbourg 1989), mis en scène avec la plasticienne Sylvie Blocher.
Son premier livre, Météoriques, paru chez Seghers en 2001, obtient le Prix Henri Mondor de l’Académie française.
Il a publié, chez Galilée, deux récits – Commun des mortels (2004) et Deux dans la nuit (2010) – ainsi que plusieurs livres de poésie : all/ein (2003), Fini mère (2007), Le grand unique sentiment (2018), Menschen (2020). Chez d’autres éditeurs : L’ange nu (Edition Solitude, Stuttgart, 2012), mbo (Harpo &, 2018).